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 BELINGA, MA SOEUR...

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Benga NDJEME



Nombre de messages : 33
Localisation : epimatounda@hotmail.fr
Date d'inscription : 04/04/2007

MessageSujet: BELINGA, MA SOEUR...   Mar 17 Juil - 1:02

Mes chers amis, afin de nourrir notre Forum avec des thématiques qui nous sont chères, je voudrais partager avec vous quelques alexandrins dédiés à notre Bélinga Nationale.

J'ai mis ce texte à jour en y ajoutant quelques vers utiles.





Belinga !


Pousse ton bébé d’un milliard de tonnes
Du fond de ta montagne humide et touffue
Pousse ! Pousse du mieux de ta colonne
Vertébrale cette enfant raide et joufflue.


O Belle-Inga ! veuve et orpheline
Sanglotant à tue-tête dans de hauts vallons
La layette rangée dans la crinoline
Et le ventre tendu comme un gros ballon !

Si gros qu’on t’impose une césarienne
Dans une vaste clinique à ciel ouvert
Pour en finir avec cette arlésienne
Des gisements de fer chantée par les piverts.

Ton enfantement par césarienne
Répand tes hurlements au-delà des forêts
Que les vents d’Afrique sub-saharienne
Les colportent dans les salons et cabarets.

Ces exhalations du fond de la terre
S’échappent bien de ton ventre pointu
Où se contracte ton fœtus de pierres
Dont les organes vitaux sont déjà vendus.

Travail interminable d’une grossesse
A risque qui pollue le lit de l’Ogooué
Par le flux d’une étreinte sans tendresse
Flux amniotique millénaire et pourpré !

Elle n’est ni l’Amazonie ni le Gange
Mais l’artère où coule notre plasma noir
Est l’univers des bonnes fées et des anges
Qui transforment ses tourbillons en entonnoirs.

Des forgerons et artisans anonymes
Ayant sculpté en enclumes tes flancs rocheux
Le désir de création qui m’anime
Est le noble héritage de nos aïeux.

Ton fœtus palpitant sous l’épaisse masse
De terre brûlée entend un grand bistouri
Avancer d’un pas sûr dans la biomasse
Qui l’a si longtemps protégé et tant nourri.

Que tu n’enfantes pas sous péridurale
Est une brutale et douloureuse idée
Mais l’épanchement de tes eaux minérales
Est un drame pour tes divines orchidées.

Et malgré ta vaine et amère complainte
Les hommes font corps avec arbres et rochers
Mais qui Grand Dieu peut-il bercer nos craintes
A défaut d’avoir un guide ou même un Cocher ?


Tu t’apprêtes à donner en sacrifice
L’éclat de Mars qui flotte en apesanteur
Dans ton ventre rayé de longues varices
De métal torsadé par tes profanateurs ;

Mais tu t’apprêtes à livrer à ce monde
Tes toiles de montagne en camaïeu
Qui puisent dans leur argile féconde
L’énergie dont tu brilleras de mille feux.

Grimé d’ocre et de charbon dans tes entrailles
Ton fœtus se recroqueville en ton sein
Ce fruit juteux d’hématite tressaille
Si fort qu’un gros calcul s’est logé dans mes reins.

Un gros calcul ? Que dis-je ? une pièce
Arrachée à mon âme le débris d’un cœur
Brisé par la naissance de ma nièce
Et la souffrance solitaire de ma sœur.

O misère ! Misère de ce supplice
D’une Mère opérée sans anesthésie
Pendant que l’écho des Monts se fait complice
Des malheurs de cette maternelle agonie !

Faut-il que ma Sœur enfante dans la honte
Et que son sang nourrisse un sol sans bonheur
Ou qu’il émerge vite un Veilleur des Fontes
Forgées par nos ancêtres pour notre honneur ?

Oh ! hiboux qui hululez au coin des huttes
Quand les palmiers soupirent leurs symphonies
Otez donc vos masques pour mener les luttes
Dont vous chantez en pleine nuit les litanies !


Seigneur mes chants sont-ils donc si inutiles
Que ma voix se perd dans les cris des perroquets ?
Toi qui donnes joie à la femme stérile
Fais de nos larmes le vin d’un heureux Banquet !

Toi qui parles aux forces de la nature
Comme un Maître parle à ses étudiants
Fais de nous un mot de ta sainte Ecriture
Pour nous aider à vivre en dignes mendiants

Au pied du Mont d’où jaillissent les fleuves
Des Statues au sang chaud couchées dans des divans
Hument les fleurs qui inspirent leur effluve
Des jardins parfumés de Mvadi et d’Ovan

Parce que tu es notre Seigneur et frère
Lève de leurs divans tous ces Géants couchés
Qui sont tombés en t’adressant leurs prières
Donne-nous la force de vivre avec nos péchés.

O Belinga je porte en bandoulière
Ton nom gravé dans ma tête de bélouga
Je l’emporterai jusqu’au cimetière
Gavé de manioc et de rutabaga!


Benga NDJEME
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